Master of the Crossroads - Madison Smartt Bell [421]
En vous réitérant parculièrement l’assurance de l’attachement que vous m’avez inspiré, je vous prie d’être l’organe de mes sentiments respectueux et de ceux de mon épouse, auprès de la votre et de votre chère famille, et croyez que les liens de notre amitié ne finiront qu’avec moi.
Salut et amitié
Toussaint-Louverture19
FROM CHAPTER 26
Toussaint-Louverture, général en chef de l’armée de Saint-Domingue, au citoyen Sonthonax, représentant du peuple et commissaire délégué aux îles Sous-le-Vent.
Quartier général du Cap français, le 3 fructidor, an V (20 août 1797)
Citoyen Représentant,
Privés depuis longtemps de nouvelles du gouvernement, ce long silence affecte les vrais amis de la République. Les ennemis de l’ordre et de la liberté cherchent à profiter de l’ignorance où nous sommes pour faire circuler des nouvelles dont le but est de jeter le trouble dans la colonie.
Dans ces circonstances, il est nécessaire qu’un homme instruit des évènements et qui a été le témoin des changements qui ont produit sa restauration et sa tranquillité, veuille bien se rendre auprès du Directoire exécutif pour lui faire connaître la vérité.
Nommé député de la colonie au corps législatif, des circonstances impérieuses vous firent un devoir de rester quelque temps encore au milieu de nous; alors votre présence était nécessaire: des troubles nous avaient agités, il fallait les calmer.
Aujourd’hui que l’ordre, la paix, le zèle pour le rétablissement des cultures, nos succès sur nos ennemis extérieurs et leur impuissance vous permettent de vous rendre à vos fonctions, allez dire à la France ce que vous avez vu, les prodiges dont vous avez été témoin et soyez toujours le défenseur de la cause que nous avons embrassée, dont nous serons les éternels soldats.
Salut et respet.
(multiple signature)20
FROM CHAPTER 26
5 novembre 1797
Toussaint-Louverture, général en chef de l’armée de Saint-Domingue, au Directoire exécutif de la République française
. . . Il tient à vous, citoyens directeurs, de détourner de dessus nos têtes, la tempête que les éternels ennemis de notre liberté préparent à l’ombre du silence. Il tient à vous d’éclairer la législature, il tient à vous d’empêcher les ennemis du système actuel de se répandre sur nos côtes malheureuses pour les souiller de nouveaux crimes. Ne permettez pas que nos frères, nos amis, soient sacrifiés à des hommes qui veulent régner sur des ruines del’ espèce humaine. Mais vous, votre sagesse vous donnera les moyens d’éviter les pièges dangereux que vous tendent nos ennemis communs. Je vous envoie, avec cette lettre, une déclaration qui vous fera connaître l’unité qui existe entre les propriétaires de Saint-Domingue qui sont en France, ceux des Etats-Unis et ceux qui servent sous le drapeau anglais. Vous y verrez que leur souci de réussir les a conduits à s’envelopper du manteau de la liberté de manière à lui porter des coups d’autant plus mortels. Vous verrez qu’ils comptent fermement sur ma complaisance de me prêter à leurs vues perfides par la crainte pour mes enfants. Il n’est pas étonnant que ces hommes qui sacrifient leur pays à leurs intérêts soient incapables de concevoir combien un père mieux qu’eux peut supporter de sacrifices par amour de sa patrie, étant donné que je fonde sans hésiter le bonheur de mes enfants sur celui de ma patrie, qu’eux et eux seuls veulent détruire. Je n’hésiterai jamais entre la sécurité de Saint Domingue et mon bonheur per sonel, mais je n’ai rien à craindre. C’est à la sollicitude du gouvernement français que j’ai