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Master of the Crossroads - Madison Smartt Bell [416]

By Root 1098 0
par les ennemis de la République; mais quel homme peut se vanter d’éviter tous les pièges des méchants? A la vérité, j’ai tombé dans les filets, mais non point sans connaisance de cause. Vous devez bien vous rappelez qu’avant les désastres du Cap, et par les démarches que j’avais faites par devers vous, mon but ne tendait qu’a nous unir pour combattre les ennemis de la France et faire cesser une guerre intestine parmi les français de cette colonie. Malheureusement, et pour tous en général, les voies de réconciliation par moi proposées: la reconnaissance de la liberté des noirs et une amnistie plénière, furent rejetées. Mon coeur saigna et je répandis des larmes sur le sort infortuné de ma patrie, prévoyant les malheurs qui allaient s’ensuivre. Je ne m’étais pas trompé: la fatale expérience a prouvé la réalité de mes prédictions.

Sur ces entrefaites, les Espagnols m’offrirent leur protection, et pour tous ceux qui combattraient pour la cause des Roys, et ayant toujours combattu pour avoir cette même liberté, j’adhérai à leurs offres, me voyant abandonné des Français, mes frères. Mais une expérience un peu tardive m’a desillé les yeux sur ces perfides protecteurs et m’étant aperçu de leur superchérie scélérate, j’ai vu clairement que leurs vues tendait à nous faire entr’égorger pour diminuer notre nombre, et pour surcharger le restant de chaînes et les faire retomber à l’ancien esclavage. Non, jamais ils ne parviendront à leur but infâme! et nous nous vengerons à notre tour de ces êtres méprisables à tous les égards. Unissons-nous donc à jamais et, oubliant le passé, ne nous occupons désormais qu’à écraser nos ennemis et à nous venger particulièremet de nos perfides voisins.

Il est bien certain que le pavillon national flotte aux Gonaives ainsi que dans toute la dépendance, et que j’ai chassé les Espagnols et les émigrés de cette partie de Gonaives; mais j’ai le coeur navré de l’événement, qui a suivi sur sur quelque malheureux blancs qui ont été victimes dans cette affaire. Je ne suis pas comme bien d’autres que voient des scènes d’horreur avec sangfroid, j’ai toujours eu l’humanité pour partage et je gémis quand je ne peux pas empècher le mal; il y a eu aussi quelques petit soulèvements parmi les ateliers mais j’ai mis de suite le bon ordre et tous travaillent comme ci-devant.

Gonaives, le Gros Morne, les cantons d’Ennery, Plaisance, Marmelade, Dondon, L’Acul et toute la dépendance avec le Limbé sont sous mes ordres, et je compte quatre mille hommes armés dans tous ces endroits, sans compter les citoyens de Gros Morne qui sont au nombre de six cents hommes. Quant aux munitions de guerre, j’en suis dépourvu entièrement, les ayant consommées dans les diverses attaques que j’ai faites contre l’ennemi; quand j’ai pris les Gonaives, j’ai seulement trouvé cent gargousses à canon dont je fais faire des cartouches à fusil pour attaquer le Pont de l’Esther ou sont campés le émigrés; je me propose de les attaquer au premier moment, c’est à dire quand le citoyen Blanc Cassenave se sera rendu avec son armée à l’habitation Marchand, au carrefour de la Petite-Rivière de l’Artibonite. . . .

Voilà, Général, la situation exact de tout; je vous prie de m’envoyer des munitions de guerre; vous jugerez par vous-même de la quantité qu’il me faudra dans la circonstance présente. . . .

Salut en patrie,

Toussaint-Louverture7

FROM CHAPTER 9

Il est de mon devoir de rendre au gouvernement français un compte exact de ma conduite; je raconterai les faits avec toute la naïveté et la franchise d’un ancien militaire, en y ajoutant les réflexions qui se présenteront naturellement. Enfin je dirai la vérité, fut-elle contre moi-même.

La colonie de Saint-Domingue, dont j’étais commandant, jouissait de la plus grande tranquilité; la culture et le commerce y florissaient. Et tout cela, j’ose le dire, était mon ouvrage....8

FROM CHAPTER 17

Artibonite (6 février 1795) le 18 Pluviôse, l’an 3 de la République Française, une et indivisible.

Toussaint-Louverture, Commandant Général du Cordon de l’Ouest, à Étienne Laveaux, Gouverneur Général des îles fran

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