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Master of the Crossroads - Madison Smartt Bell [417]

By Root 1214 0
çaises de l’Amérique sous le vent.

Citoyen Général,

Je réponds à votre lettre du 11 de ce mois. J’ai réçu les deux ordres que vous m’y annonciez, savoir le premier relatif aux commandants des paroisses dépendant de mon cordon, le second relatif aux commandants des autres paroisses. Cette mesure ne peut qu’être du plus grand avantage pour le succès des armes de la République. Je m’empresse de faire passer copie de celui qui concerne les commandants qui sont sous mes ordres et d’en ordonner la publication et l’affiche afin que personne n’en prétende cause d’ignorance.

Blanc Cassenave pendant sa detention a été atteint d’une colère bilieuse qui avait tout les apparences d’une rage effrénée; il es mort étouffé; requiescat in pace. Il est hors de ce monde; nous en devons à Dieu des actions de grâces. Cette mort de Blanc Cassenave a anéanti contre lui tout espèce de procédure, attendu que de son crime n’y a point de complice ni de participes. Vernet ne m’ayant pas encore fait passe le Procès-Verbal de sa mort, je lui écris de vous l’envoyer signé de l’officier qui le gardait et du médecin qui le voyait, et de m’envoyer copie de tout, pour que cela n’entraîne pas d’autre délai à cause de mon éloignement.

Je m’occupe de acquisition des mulets que vous m’aviez ordonnée pour Barthèlemy. . . .

Je vous embrasse de tout mon coeur, ainsi que le commandant de la Province, au souvenir duquel je vous prie de me rappeler.

Salut,

Toussaint-Louverture9

FROM CHAPTER 17

Au Fort Dauphin, le 20 novembre 1794.

Jean-François, général des troupes auxiliaires de Sa Majesté Catholique à Etienne Laveaux, Gouverneur-Général pour la République française, au Cap.

Votre lettre datée du 20 Brumaire de l’an 3 de la République me fait connaître les nobles sentiments avec lesquels vous l’avez dictée; elle commence avec le mépris que tous vous autres auraient toujours pour les gens de ma race. J’ay l’honneur d’être nommé général parmis mes amis et mes ennemis, titre glorieux que je me suis acquis par mes explois, ma bonne conduite, ma probité et mon courage et vous me privez de cet honneur dans la première parole de votre lettre, en me nommant avec un air dédaigneux et méprisant Jean-François, comme vous pourriez faire dans ces temps malheureux où votre orgueil et votre cruauté nous confondaient avec les chevaux, les bêtes à cornes et les plus viles animaux, précisément dans une occasion où vous avez besoin de moi, et vous me proposé la perfidie la plus noire que vous cherchez à embellir avec des promesses séduisantes, menteuses et remplies d’artifices, et par lesquelles vous faites connaître l’indigne idée que vous avez de mon caractère et mon procédé. Mon parti est pris, et je suis inébranlable une fois déterminé, je vivrai, je mourrai dans la belle cause que j’ai adoptée, et sans lâcher de faire l’apologie de Messieurs les Espagnols, je pourrai vous prouver que je n’ai que des louanges à faire d’eux les ayant toujours trouvés fidèles et religieux observateurs dans toutes leurs promesses.

Quoique je pourrai bien répondre à tous les chapitres de votre lettre, je les omets parce qu’ils sont presque tous détaillés dans un manifest que j’ai fait circuler à mes compatriotes dans lequel je leur fais connaître sans artifice, le sort que les attend, s’ils se laissent séduire par vos belles paroles . . . l’Egalité, la Liberté, &c &c &c . . . et seulement je croirai à celuy là jusqu’à ce que je vois que Monsieur Laveaux et d’autres messieurs français de sa qualité, accordent leur filles en mariage aux nègres. Alors je pourrai croire à l’égalité prétendue. Il ne me reste plus monsieur le général, que de vous demander la grâce de m’envoyer cette lettre de monsieur le Président que vous citez dans d’autres écrits que sont entre mes mains, dans laquelle il vous promet ma tête pour la rançon de tous les prisonniers espagnols, de vous prier de faire la guerre, en respectant les droits des gens et cette générosité observée anciennement par les noble guerriers français dont vous trouverez bien des exemples dans vos illustres ancêtres, et de vous instruire que jamais

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