Master of the Crossroads - Madison Smartt Bell [423]
FROM CHAPTER 33
à Christophe, commandant du Cap
Port Républicain, 29 Messidor an VII (15 juillet 1799)
La revolte du Môle, mon cher commandant, vient de s’opérer par les agents secrets du perfide Rigaud; ils ont des prosélytes partout, et partout ils opèrent le mal qu’il faut cependant arrêter dans sa source. Le Môle correspond directement avec le Fort-Liberté; il y sème la désunion, et j’ai la certitude que cette place devait aussi se soulever et arborer l’étendard de la révolte; au Cap même des agents y provoquent la rébellion; surveillez-les avec une rigeur étonnante; déployez le caractère dur que nécessitent les trames de ces scélérats; tous les hommes de couleur en général se sont donné la main pour culbuter St-Domingue, en les désunissant, et en armant les citoyens les uns contres les autres; ils servent la passion du rebelle Rigaud; ils ont juré de le servir et de l’élever le chef suprême sur des corps et des cendres; dans aucun cas ne molissez pas contre les hommes de couleur, et garantissez par une activité sans égal l’arrondissement que vous commandez, des horreurs qui menacent déjà quelques-uns.
L’arrondissement de l’Est doit faire encore l’objet de votre sollicitude dans des circonstances aussi critiques, vous savez combien sont remuants les habitants de cette partie de la colonie; faites former des camps qui fassent respecter cette place, et employez et faites même descendre des mornes les cultivateurs armés desquels vous croyez avoir besoin, pour également garantir cette place importante; les hommes de couleur y sont aussi dangereux que vindictifs; n’ayez aucun ménagement pour eux; faites arrêter et même punir de mort ceux qui seraient tentés d’opérer le moindre mouvement; Vallière doit être aussi l’objet de tous vos soins.
Je compte plus que jamais sur votre imperturbable sévérité; que rien n’échappe à votre vigilance.
Je vous desire une bonne santé.
Salut et amitié
Toussaint-Louverture25
FROM CHAPTER 36
Les consuls de la République française aux citoyens de Saint-Domingue:
Paris, le 4 nivôse, l’an VIII de la République française, une et indivisible (25 decembre 1799)
Citoyens, une constitution qui n’a pu se soutenir contre des violations multipliées est remplacée par un nouveau pacte destiné à affermir la liberté.
L’art. 91 porte que les colonies françaises seront régies par des lois spéciales.
Cette disposition dérive de la nature des choses and de la différence des climats. La différence des habitudes, des moeurs, des intérêts; la diversité du sol, des cultures, des productions, exige des modifications diverses.
Un des premiers actes de la nouvelle législature sera la redaction des lois destinées à vous régir.
Loin qu’elles soient pour vous un sujet d’alarmes, vous y reconnaîtrez la sagesse et la profondeur des vues qui animent les législateurs de la France.
Les consuls de la République, en vous annonçant le nouveau pacte social, vous déclarent que les principes SACRÉS de la liberté et de l’égalité des noirs N’ÉPROUVERONT JAMAIS parmis vous d’atteinte ni de modification.
S’il est dans la colonie des homme malintentionnés, s’il en est qui conservent des relations avec les puissances ennemis, braves noirs souvenez-vous que le peuple français seul reconnaît votre liberté et l’égalité de vos droits.
Signé, Le Premier Consul, BONAPARTE
Les mots suivants: «Braves noirs, souvenez-vous que le peuple français seul reconnait votre liberté et l’égalité de vos droits» seront écrits en lettres d’or sur tous les drapeaux des bataillons de la garde nationale de la colonie de Saint Domingue.26
FROM CHAPTER 36
Rapport de Caffarelli au Premier Consul
Paris, le 2 vendémaire an XI (24 septembre 1802)
Mon Général,
Vous m’avez ordonné de me rendre