Stone That the Builder Refused - Madison Smartt Bell [470]
S’il était des malveillants qui disent aux individus qui ont joué le premier rôle dans les troubles de Saint-Domingue, que nous venons pour rechercher ce qu’ils ont fait dans des temps d’anarchie, assurez les que nous ne nous informerons que de leur conduitedans cette dernière circonstance, et que nous ne rechercherons le passé que pour connaître les traits qui les auraient distingués dans la guerre qu’ils ont soutenue contreles Espagnols et les Anglais qui ont été nos ennemis.
Comptez sans reserve dans notre estime, et conduisez-vous comme doit le faire un des principaux citoyens de la plus grande nation du monde.
Paris, le 27 Brumaire an 10 (18 novembre 1801)
Le Premier Consul (signé) BONAPARTE17
FROM CHAPTER 15
Il déclarait que ces droits lui imposaient des devoirs au-dessus de ceux de la nature; qu’il était prêt à faire à sa couleur le sacrifice de ses enfants; qu’il les renvoyait pour qu’on ne le crût pas lié par leur présence. Il finissait par dire que, plus défiant que jamais, il lui fallait du temps pour se décider au parti qui lui restait à prendre.18
FROM CHAPTER 15
Les Blancs de France et de la colonie réunis ensemble veulent ôter la liberté . . . Méfiezvousdes Blancs, ils vous trahiront s’ils le peuvent. Leur désire bien manifeste est le retour à l’esclavage. . . . Je donne l’ordre au général Laplume de brûler la ville des Cayes et les autres villes, et toutes les plaines, dans le cas qu’il ne pourrait pas résister à la force de l’ennemi.19
FROM CHAPTER 17
Au quartier général du Cap, le 28 Pluviôse
an X (17 fevrier, 1802)
HABITANTS DE SAINT-DOMINGUE,
Le général Toussaint m’avait renvoyé ses enfants, avec une lettre dans laquelle il assurait qu’il était prèt d’obéir à tous les ordres que je lui donnerais. Je lui ai ordonné de se rendre auprès de moi, je lui ai donné ma parole de l’employer comme mon lieutenantgénéral. Il n’a répondu à cet ordre que par des phrases, il ne cherche qu’à gagner du temps. J’entre en campagne et je vais apprendre à ce rebelle quelle est la force du gouvernement français. Dès ce moment il ne doit plus être aux yeux de tous les bons Français qu’un monstre insensé.
J’ai promis aux habitants de Saint Domingue de la liberté, je saurai les en fair jouir. J’ordonne ce qui suit:
ARTICLE PREMIER.—Le général Toussaint et le général Christophe sont mis hors la loi; il est ordonné à tout citoyen de leur courir sus. . . .
ARTICLE 3—Les cultivateurs qui one été induits en erreur et qui auraient pris les armes seront traités comme des enfants égarés et renvoyés à la culture.
ARTICLE 4—Les soldats qui abandonneront l’armée de Toussaint feront partie de l’armée française . . .20
FROM FORT DE JOUX, FRANCE, NOVEMBER 1802
Ministre de Marine au commandant du Fort de Joux
Paris 5 brumaire an X
Je reçois votre lettre de 26 vendémiaire, relative au prisonnier d’Etat, Toussaint-Louverture.Le Premier Consul m’a chargé de vous faire connaître que vous répondez de sa personne sur votre tête. Toussaint Louverture n’a droit à d’autres égards qu’à ceux que commande l’humanité. L’hypocrisie est un vice qui lui est aussi familier que l’honneur et la loyauté vous le sont à vous-même, citoyen commandant. La conduite qu’il a tenue depuis sa détention est faite pour fixer vos opinions sur ce qu’on doit attendre de lui, vous vous êtes aperçu vous-même qu’il cherchait à vous tromper et vous l’avez été effectivement par l’admission près de lui d’un de ses satellites déguisé en médecin.
Vous ne devez pas vous en tenir à la démarche que vous avez faite, pour vous assurer s’il n’a ni argent, ni bijoux. Vous devez faire fouiller partout pour vous en assurer et examiner s’il n’en aura ni caché ni enterré dans sa prison. Retirez-lui sa montre; si son usage lui est agréable, on peut y suppléer en établissant dans sa chambreune de ces horloges de bois, du plus vil prix, qui servent assez pour indiquer le cours du temps. S’il est malade, l’officer de santé le plus connu de vous, doit seul lui donner des soins et le voir; mais seulement quand il est nécessaire